23 Août 2018

MA-9 : le site d'atterrisage de MASCOT sur l'astéroïde Ryugu

Les 3 sites d'atterrissage de la mission Hayabusa2 viennent d'être annoncés par l'agence spatiale japonaise (JAXA) ce jeudi 23/08 près de Tokyo. Le petit atterrisseur franco-allemand MASCOT se posera dans l'hémisphère sud de l'astéroïde Ryugu le 03/10/18.

Le meilleur compromis

Le petit robot franco-allemand, MASCOT, se posera finalement dans l'hémisphère sud de l'astéroïde Ryugu (un géocroiseur de 900m de diamètre) en octobre 2018 à 300 millions de km de la Terre. L'agence spatiale japonaise (JAXA), qui chapote la mission Hayabusa2, a annoncé la nouvelle lors d'une conférence de presse ce jeudi 23/08 près de Tokyo.

Modélisation 3D du site MA-9 choisi par l'agence spatiale japonaise (JAXA) pour faire atterrir le robot franco-allemand MASCOT sur l’astéroïde Ryugu le 03/10/18 (zones de probabilité du 1er contact en bleu clair, zones de stabilisation après rebonds en bleu plus foncé). Crédits : JAXA, University Tokyo, Koichi University, Rikkyo University, Nagoya University, Chiba Institute of Technology, Meiji University, University of Aizu, AIST, CNES, DLR.


Le site visé s’appelle pour l’instant MA-9. Il remplit de manière satisfaisante les critères techniques pour le bon fonctionnement de MASCOT, notamment d’un point de vue thermique, d’illumination et de lien radiofréquence avec la sonde Hayabusa2 et n’interfère en rien avec les zones retenues par la JAXA pour les activités de la sonde Hayabusa2 et des mini-rovers MINERVA-II. Les équipes scientifiques des instruments MicrOmega, MasMag, MASCAM et MARA sont également convaincues de l’intérêt scientifique de la zone malgré les exigences variées des différents instruments. La séparation et l’atterrissage de MASCOT sur Ryugu sont prévus le 03/10 prochain au petit matin (heure de Paris). Quel que soit l’endroit où MASCOT finira ses rebonds, les découvertes promettent d’être fascinantes !

Modélisation 3D des 10 sites pré-sélectionnés par le CNES pour faire atterrir MASCOT sur l'astéroïde Ryugu le 03/10/18. Crédits : JAXA, University Tokyo, Koichi University, Rikkyo University, Nagoya University, Chiba Institute of Technology, Meiji University, University of Aizu, AIST, CNES, DLR

Le CNES : une expertise unique au monde

Les équipes du CNES ont mis à profit leurs compétences en mécanique spatiale, une expertise unique au monde qui avait déjà fait ses preuves sur la mission Rosetta et le choix du site d’atterrissage de Philae en 2014. Le 14/08 dernier, au CNES de Toulouse, cette expertise a permis de sélectionner les 6 sites préférés parmi les 10 initiaux retenus pour l’atterrissage de MASCOT et de les classer par ordre de préférence sur des critères de faisabilité technique et d’intérêt scientifique. Le 17/08, une réunion de même nature s’est déroulée à Tokyo pour que l’équipe de la JAXA sélectionne et approuve la combinaison de 3 sites : site de la collecte d’échantillons de la sonde Hayabusa2, site d’atterrissage de MASCOT et site d’atterrissage des 3 mini-rovers MINERVA-II. À nouveau, l’expertise du CNES a été sollicitée sachant que Ryugu n’est pas très hospitalier (beaucoup de rochers), ce qui rend périlleux et donc risqué le contact de Hayabusa2 avec sa surface. 2 sites de secours sont également identifiés.

Le petit robot franco-allemand MASCOT (au 1er plan) sera largué sur l'astéroïde Ryugu par la sonde Hayabusa2 (au second plan), le 03/10/18 à 300 millions de km de la Terre. Crédits : JAXA.

A propos de la mission Hayabusa2

Hayabusa2 est une mission de l'agence spatiale japonaise (JAXA) de retour d’échantillons et d'analyse de l’astéroïde Ryugu. Elle embarque 3 expériences : une collecte d'échantillons de sol de Ryugu par la sonde elle-même (retour sur Terre en 2020), l'atterrissage et l'analyse in situ de 3 mini-rovers MINERVA-II et enfin l'atterrissage et l'analyse in situ du robot MASCOT. Ce derniera été développé et construit par le Centre spatial allemand (DLR) en étroite collaboration avec le CNES. Les instruments scientifiques à bord de MASCOT ont été développés par le DLR, l'Institut d'Astrophysique Spatiale d'Orsay (France) et l'Université Technique de Braunschweig (Allemagne). L'atterrisseur MASCOT et ses expériences sont exploités et contrôlés par le DLR avec le soutien du CNES et en interaction constante avec la JAXA.